La Licorne

Définition :

La licorne (parfois nommée unicorne), est une créature légendaire généralement décrite comme proche du cheval et de la chèvre, de couleur blanche, et avec une corne spiralée et pointue au milieu du front.

Etymologie :

La licorne est nommée "monokeros", en grec ancien, qui signifie "avec une seule corne". Ce nom à l'italien "alicorno", lui-même une forme altérée du latin chrétien "unicornis" signifiant également "à une seule corne"

Selon Henriette Walter, linguiste, le mot "licorne" proviendrait de deux erreurs successives : en entendant "unicorne", on a cru qu'il s'agissait d'une icorne, avec l'article indéfini, d'où l'icorne avec l'article défini; ce qui a donné le mot licorne. Selon une interprétation moderne, le nom de "licorne" pourrait signifier corne de la loi, épée de justice ou corne de lumière.

Le Mythe :
La croyance en l'existence de la licorne fut discutée jusqu'au milieu du XIXème siècle et de tous temps. Cette créature intéressa des théologiens, médecins, naturalistes, poètes, gens de lettres, ésotéristes, alchimistes, symbolistes et historiens. Aujourd'hui, la licorne est une créature légendaire parmi les plus typiques et les plus connues du domaine de la Fantasy, de nombreux travaux d'érudits et des œuvres de fiction lui étant entièrement consacrés. Des variantes existent quant à l'oriine exacte de la licorne.
Petite Histoire :

La licorne est mentionnée depuis l’Antiquité Grecque, sous le nom de "monocéros". Elle devint l'animal imaginaire le plus important du Moyen-Age à la Renaissance, que ce soit dans l’iconographie des bestiaires médiévaux qui la décrivent comme un animal sylvestre très féroce, symbole de pureté et de grâce, que seule une vierge peut capturer, ou dans les encyclopédies où sa corne possède le pouvoir de purifier l'eau de tout poison et de guérir les maladies. La licorne blanche telle que nous la connaissons est une créature chimérique légendaire et non pas un mythe car elle n'est pas liée à la création du monde, à des gestes héroïques ou la fondation d'une ville, mais le résultat d'un mélange entre tradition orale et écrite, récits de voyage et description des naturalistes.

  • La Licorne Chinoise :

Selon Francesca Yvonne Caroutch, la première trace écrite d'une licorne remonterait aux "Annales de bambou", en Chine. Intégrée à la mythologie chinoise sous le nom de "Qilin" (ou licorne asiatique), la licorne fait partie des cinq animaux sacrés associés aux éléments (avec le dragon azur, l’oiseau vermillon, le tigre blanc et la tortue noire). Le "gilin" est souvent représenté comme un reptile à queue de bœuf proche du cerf, portant deux cornes recouvertes de fourrure sur le front, parfois une seule dans les textes. Ces cornes lui permettent de séparer les justes de ceux qui ont quelque chose à se reprocher. Il représente la douceur, la bonté et la prospérité, surtout chez les enfants et les adolescents. Il vivrait mille ans et apparaîtrait lors de la naissance des empereurs et des grands sages. Symbole de perspicacité, il était traditionnellement représenté dans les tribunaux chinois du système impérial sur la tenture séparant la salle d'audience et le cabinet du magistrat.

  • La Licorne, en Perse et en Inde :

Francesca Yvonne Caroutch et Odell Shepard penchent pour une origine indienne et perse de la licorne. Chez les perses, l'unicorne de fécondité neutralisait déjà les poisons. Comme dans le "Bundahishn" des anciens sages persans, on trouverait trace de la licorne dans "l’Atharya-Véda", l’épopée de Gilgamesh [roi et personnage héroïque de la Mésopotamie Antique], le "Râmâyana" et le "Mahâbhârata" de l’Inde Antique, qui contribuent à diffuser la légende de la licorne dans le monde chrétien.

  • La Licorne en Grèce Antique :

Le plus ancien texte de la littérature occidentale qui évoque la licorne date de la fin du Vème siècle avant J.C. et est dû au médecin grec Ctésias, qui résida dix-sept ans à la cour de Perse de Darius II et Artaxerxès II. À son retour en Grèce, il rédigea une Histoire de l'Inde nommée "Indica", ou des fragments de cette œuvre décrivent parmi les peuples et animaux fabuleux de l'Inde : "des ânes sauvages de la grandeur des chevaux, et même de plus grands encore. Ils ont le corps blanc, la tête couleur de pourpre, les yeux bleuâtres, une corne au front longue d'une coudée.[…]. Ceux qui s'en servent ne sont sujets ni aux convulsions, ni à l'épilepsie, ni à être empoisonnés, pourvu qu'avant de prendre du poison, ou qu'après en avoir pris, ils boivent dans ces vases de l'eau, du vin, ou d'une autre liqueur quelconque. […]".

  • La Licorne Européenne :

La licorne européenne a connu de nombreuses transformations avant de prendre la figure que nous lui connaissons, celle de "la cavale blanche de forme très parfaite" avec une corne droite et spiralée, des sabots de chèvre et une barbiche de bouc.

  • La Corne de Licorne :

La fameuse "corne de licorne" se vit associer pendant très longtemps des pouvoirs magiques et des vertus de contrepoison qui en firent l'un des remèdes les plus chers et les plus réputés au cours de la Renaissance. La principale utilisation médicinale de la corne est liée à sa corne et à son pouvoir de purification, mentionné pour la première fois au XIIème siècle. Les légendes sur les propriétés de la corne de licorne circulant dès le Moyen-Age sont à l’origine du commerce florissant de ces objets qui devinrent de plus en plus communs jusqu'à la fin du XVIIIème siècle, où leur origine réelle fut connue. La première mention du pouvoir purificateur de la licorne figure dans une interprétation du Physiologus (bestiaire) où les animaux attendent que la licorne purifie un lac en faisant le signe de la croix avec sa corne. Le thème devient vite populaire. L'usage de la corne de licorne fut préconisé contre la rubéole, la rougeole, les fièvres et les douleurs. Sous forme de poudre, elle était réputée faciliter la guérison des blessures, permettre de purifier les eaux et de neutraliser les poisons, voire lutter contre la peste. Elle suerait en présence du venin et aurait aussi un pouvoir aphrodisiaque.

Description et Symbolisme :

La licorne est décrite comme possédant un corps chevalin, une barbiche de bouc , des sabots fendus et une grande corne au milieu du front, droite, spiralée et pointue, qui constitue sa principale caractéristique. C'est l'un des rares animaux à corne qui ne soit pas présenté comme maléfique, bien qu'il existe quelques représentations démoniaques de ces créatures, qui possèdent alors généralement une corne courbée, et se laissent chevaucher par des démons ou des sorcières.

Les interprétations symboliques de la licorne sont encore une fois très nombreuses et différentes selon leurs auteurs, parfois contradictoires.

Le "Dictionnaire des Symboles", de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant nous apprend qu'elle incarne à elle seule la puissance, le faste et la pureté, une pureté agissante et une sublimation miraculeuse de la vie charnelle. Sa dualité renvoie au Christ ou à la Vierge. Sa corne unique est aussi une flèche spirituelle, un rayon solaire, une épée de dieu et la révélation divine, la pénétration du divin dans la créature.

Bruno Faidutti note dans sa thèse que la licorne est étroitement associée à la femme, comme le prouvent les multiples récits la décrivant en compagnie d'une jeune vierge. Son pelage est blanc comme la lune, astre symbole de la féminité. Sa pureté et sa chasteté s'opposent au lion au pelage beige ou doré et à la crinière flamboyante, animal solaire et masculin par excellence.

Bertrand d'Astorg voit dans la licorne les grandes amoureuses qui refusent l'accomplissement de l'amour qu'elles inspirent et qu'elles partagent. Son pouvoir de déceler toutes les impuretés renvoie à la fascination que la pureté exerce sur les cœurs corrompus.

Roger Callois dit que la licorne incite à la méditation en conciliant lumières et ténèbres, vie et mort, ce qui est en haut et ce qui est en bas. Elle est si véloce que l'on ne peut la capturer vivante, la poursuivre, c'est partir en quête de l'impossible.

Selon Francesca Yvonne Caroutch, la licorne est un animal spirituel qui vient d’Orient, et toutes les licornes seraient issues de la projection de l'expérience intime, fondamentale, du retour de l'unité. C'est l'animal de la tradition par excellence, elle relie la terre au ciel et le visible à l'invisible, les forces telluriques et cosmiques, le conscient et l’inconscint, les opposés, les polarités, elle est puissance et verticalité, maintenant l'équilibre face aux forces obscures. C'est une créature farouche, veillant sur le jardin de la connaissance et sa corne capte l'énergie cosmique.

Edouard Brasey note qu'elle incarne la beauté et la grâce, mais qu'elle est à la fois phallique et épée divine, exaltation des plaisirs de la chair, agressivité sexuelle masculine et aspiration à l'ascèse et la sainteté.

Licorne dans les Arts:
  • dans l'Art Décoratif :

"La Dame à la Licorne" est une tenture de la fin du XVème siècle, en laine et soie, et composée de six tapisseries. Elle représente une sorte d'île, sur laquelle on voit une femme entourée d'une licorne (à sa droite) et d'un lion (à sa gauche).

Source du Texte:  
  • Article "Licorne" sur Wikipédia, l'Encyclopédie Libre
Quelques Images: (Images Libres de droit)

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Commentaires (1)

1. Jaunet (site web) 02/01/2013

C'est là qu'il faut aller pour s'informer sur les licornes !

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